05 Juillet

Les adresses de Christian Louboutin à Lisbonne

 

Le célèbre chausseur parisien a été l’une des premières personnalités à déclarer sa flamme au Portugal. C’est dans un petit village de la côte atlantique, non loin de Lisbonne, qu’il a l’habitude de partir se ressourcer, loin de l’agitation de son quotidien. Il nous dévoile ses endroits favoris à Lisbonne, qui n’a plus de secrets pour lui.

Propos recueillis par Léa Zetlaoui

Portrait par Gyome Dos Santos

Numéro : Vous possédez une maison au Portugal dans l’Alentejo, dans un petit village côtier non loin de Lisbonne. Pourquoi avoir choisi cet endroit ?

Christian Louboutin : Peut-être que mes origines bretonnes n’y sont pas étrangères ! Les Bretons, comme les Portugais, ont tous une passion pour “l’autre côté de la mer”, pour l’exotisme. Ils ont également le goût des autres. J’aime aussi l’idée qu’un peuple – les Portugais – ait réussi à renverser un régime en faisant une révolution qui n’a pas causé un seul mort. Enfin, bien sûr, au Portugal on vit à un tout autre rythme qu’à Paris, ce qui est très dépaysant et me permet de relativiser les problèmes auxquels je suis confronté. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi une maison de vacances en Alentejo, mais surtout pas à Comporta, qui ressemble pour moi à une zone industrielle avec pignon sur plage. Là, non merci !

 

Depuis votre jeunesse, vous fréquentez des artistes et des personnalités de la mode, que vous inspirent-elles ?

Fréquenter des artistes très tôt m’a permis de comprendre l’importance de la fantaisie, et de mesurer en quoi le désir – de créer, de se créer, de réfléchir et de se réfléchir dans les autres – est une donnée essentielle pour toute personne éprise de liberté. Mais je respecte toutes formes de pensée et je ne suis plus persuadé que seuls les artistes ont le pouvoir de nous faire vibrer. Des visions du monde intéressantes se nichent également chez beaucoup de gens qui ne se considèrent pas comme des artistes.

 

Pourquoi avoir choisi d’étendre vos activités du côté de l’univers de la beauté plutôt que vers le prêt-à-porter ou les accessoires ?

Je n’ai jamais eu aucun désir de fabriquer des vêtements ! Ce que j’aime dans mon métier, c’est tout ce qui touche à l’attitude et à la “fabrication” de chaque personnalité. En cela, l’univers de la beauté me semble plus amusant que le prêt-à-porter.

 

La maison Christian Louboutin a bientôt 30 ans. Quel regard portez-vous sur les trois décennies qui viennent de s’écouler ? Quels sont vos projets pour les trois suivantes ?

En presque trente ans, j’ai vu le monde de la mode se transformer, et peut-être aussi un peu se déshumaniser. Mais le renouvellement et les transformations sont inhérentes à notre univers, n’est-ce pas ? Alors je n’ai pas de nostalgie, bien au contraire, je trouve que la percée d’Internet et des social medias ont changé la donne par bien des aspects, et c’est tant mieux ! Je n’aime pas beaucoup me projeter dans un avenir lointain, car ce qui fait pour moi le sel de la vie, c’est de pouvoir tout changer sur un coup de tête. Pour les trente ans à venir, je n’ai donc pas de programme, si ce n’est de conserver ma liberté, mon enthousiasme et mon goût pour la vie !

MUSÉE DE LISBONNE

 

Ce petit palais transformé en musée raconte l’histoire de la ville avec des maquettes, des tableaux, et surtout un décor d’origine datant du XVIII^e siècle. Les azulejos [carreaux de faïence] donnent à cet endroit un charme très particulier. On peut déjeuner dans le très joli jardin du musée. Palácio Pimenta,

 

Campo Grande 245, 1700-091 Lisbonne.

A VIDA PORTUGUESA

 

Plusieurs boutiques de Lisbonne proposent des produits typiquement portugais. Celle-ci a été créée par une ancienne journaliste qui a su rééditer les plus beaux objets de son pays : tissus, mobilier, vases… Une très belle collection d’artisanat local.

 

Rua Anchieta 11, 1200-023 Lisbonne.

IBO

 

Ce délicieux restaurant est installé sur les bords du Tage. Il offre une vue imprenable sur une grande partie de la ville, mais également sur le fleuve qui, à cet endroit-là, est si large qu’on pourrait le prendre pour la mer. IBO est un restaurant mozambicain qui sert une cuisine épicée et sublime.

 

Armazém A porta, Cais do Sodré 2, 1200-450 Lisbonne.

JNCQUOI

Il s’agit du tout nouveau restaurant à la mode lisbonnine. On peut y manger, y boire et y faire du shopping. Ça bouge, ça boit, ça rigole, ça mate, ça vit et c’est bon !

Avenida Liberdade, 182-184 Lisbonne.

ÉVORA AFRICA FESTIVAL

 

À moins de deux heures de Lisbonne, Évora, une des plus belles villes du Portugal, accueille pendant trois mois (à partir du 25 mai) le premier festival d’artistes africains. Concerts, expositions, conférences et ateliers ont lieu dans le sublime palais historique des ducs de Cadaval.

 

Rua Augusto Filipe Simões, 7000-845 Évora.

CASA DE LINHARES

 

En Espagne, il y a le flamenco, et ici, il y a le fado. Le fado, c’est le temps qui passe, la mélancolie, mais c’est aussi une musique puissante accompagnée de voix extraordinaires. L’icône ultime, c’est Mariza. On la compare à Amália Rodrigues. C’est la plus belle voix du fado et du Portugal. Pour écouter le meilleur fado, Mariza conseille le restaurant Casa de Linhares.

 

Beco dos Armazéns do Linho 2, 1100-037, Lisbonne.

MUSÉE CALOUSTE GULBENKIAN

 

Il s’agit de l’un des plus beaux musées de Lisbonne. Il possède une très vaste collection qui va des tissus coptes à de magnifiques tissus turcs en passant par les pièces d’orfèvrerie du Français Thomas Germain et de sublimes tapis arméniens. Le jardin est extraordinaire. Il n’y a pas un seul centimètre carré qui ne mérite d’être regardé.

 

Avenida de Berna 45 A, 1067-001 Lisbonne.

MAAT

 

Ouvert en 2016 dans le quartier de Belém, le musée de l’Art, de l’Architecture et de la Technologie (MAAT) est situé au bord du Tage, dans un fantastique bâtiment à la toiture en forme de vague. Le lieu est magnifique, et les expos sont de très bonne qualité.

 

Avenida Brasília, Central Tejo, 1300-598 Lisbonne.

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