Il courait en caleçon, sa guitare en bandoulière, dans son clip Prune, You Talk Funny, avant de s’afficher les paupières teintées de bleu et les ongles peints de vernis argenté. En plus d’une touche de maquillage, il arbore une coupe au bol assez étrange et de grosses lunettes qui prennent presque la moitié de son visage. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Brendan Rice alias Gus Dapperton assume une extravagance à la croisée des genres qui rappelle celle d’un David Bowie en Ziggy Stardust. Sa musique, elle, est tout comme son jeune âge : solaire et rafraîchissante.

 

Le petit prodige de la pop a grandi dans une ferme à Warwick, ville conservatrice et repliée sur elle-même, avant de vivre à New York. C’est dans les clubs new-yorkais que le chanteur a expérimenté ses pas de danse sautillants et aériens qui font sa marque de fabrique. Accompagné de sa petite sœur, Amardelle (17 ans) au clavier, de ses amis Ian (19 ans) à la basse et de Tommy (20 ans) à la batterie, Gus, lui, est armé d’une guitare Stratocaster jaune moutarde sur laquelle ses riffs solaires à la Mac DeMarco nous emmènent jusqu’à Hawaii.

 

Parmi les quatre titres de son premier EP Yellow and Such (2017), il livre une pépite : Gum, Toe and Sole. Un morceau addictif dont les entêtants “ta-tata-ta-ta-tata-ta” fredonnés en chœur s’accordent avec les basses sourdes, tandis que Gus pousse sur sa voix perçante au flow mi-folk, mi R’n’B. Son deuxième EP You Think You're a Comic! sorti en février, mêle une fois de plus la lenteur des percussions qui contrastent avec des synthés 70s enivrants et la voix déchirante de Gus. De Odd Future à Earth, Wind and Fire en passant par Mac DeMarco, Gus Dapperton s’inspire de différents style pour nous livrer deux EP délicieusement pop.